Commission de sécurité ERP : rôle, composition, visites et avis
La commission de sécurité est l'autorité qui vérifie la conformité des ERP aux règles de sécurité incendie. Ce guide détaille sa composition, ses types d'intervention, le déroulement des visites et les conséquences de ses avis.
Rôle, composition et avis
1. Qu'est-ce que la commission de sécurité ?
La commission de sécuritéest un organe consultatif qui émet des avis sur la conformité des établissements recevant du public (ERP) aux règles de sécurité contre l'incendie et les risques de panique. Son cadre juridique est défini par les articles R. 143-1 et suivants du Code de la Construction et de l'Habitation(CCH) et par le décret n° 95-260 du 8 mars 1995 relatif aux commissions consultatives départementales de sécurité et d'accessibilité.
La commission de sécurité ne détient pas de pouvoir de décision propre : elle émet des avis(favorable ou défavorable) qui sont adressés au maire ou au préfet. C'est l'autorité administrative (le maire pour les ERP courants, le préfet pour les IGH et certains ERP particuliers) qui prend la décision finale d'autoriser ou non l'ouverture au public, sur la base de cet avis.
En pratique, l'avis de la commission de sécurité est quasi systématiquement suivi par l'autorité administrative. Un avis défavorable conduit dans la très grande majorité des cas au refus d'ouverture ou à la fermeture de l'établissement. La commission de sécurité est donc un acteur incontournable de la vie d'un ERP.
2. Composition
La composition de la commission de sécurité est fixée par le décret n° 95-260 du 8 mars 1995. Elle réunit des représentants de différentes administrations, chacun apportant son expertise spécifique :
Selon les cas, d'autres membres peuvent être associés à la commission : représentant de l'ARS (Agence Régionale de Santé) pour les établissements de soins, représentant de l'inspection académique pour les établissements d'enseignement, etc. L'exploitant de l'ERP est convoqué à la visite mais ne fait pas partie de la commission.
3. Types de commissions
Le décret n° 95-260 organise les commissions de sécurité en plusieurs niveaux, selon leur compétence géographique et le type d'ERP :
| Commission | Niveau | Compétence |
|---|---|---|
| CCDSA | Départemental | Commission consultative départementale de sécurité et d'accessibilité — compétence générale |
| Sous-commission ERP/IGH | Départemental | Sous-commission spécialisée dans les ERP et IGH — traite la majorité des dossiers |
| Commission d'arrondissement | Arrondissement | Compétence déléguée par la CCDSA pour les ERP de l'arrondissement |
| Commission communale | Communal | Créée dans les grandes communes (Paris, Lyon, Marseille et autres) pour les ERP de 2e à 5e catégorie |
En pratique, c'est la sous-commission ERP/IGHde la CCDSA qui traite la plupart des dossiers. La commission de sécurité compétente dépend de la catégorie et du type de l'ERP, ainsi que de l'organisation départementale. Les ERP de 1re catégorie sont généralement examinés au niveau départemental, tandis que les ERP de catégories inférieures peuvent être traités au niveau communal ou d'arrondissement.
4. Quand intervient-elle ?
La commission de sécurité intervient à plusieurs moments clés de la vie d'un ERP :
- Avant ouverture : visite de réception pour les constructions neuves ou après travaux importants. L'exploitant ne peut ouvrir au public sans l'avis de la commission.
- Visites périodiques : contrôles réguliers dont la fréquence dépend de la catégorie de l'ERP. Ces visites vérifient le maintien en conformité dans le temps.
- Visites inopinées : la commission peut intervenir sans préavis, sur décision du maire ou du préfet, notamment en cas de signalement ou de plainte.
- Après un sinistre : visite de contrôle après un incendie ou un événement grave pour vérifier que l'établissement peut rouvrir en sécurité.
- Sur demande : l'exploitant ou le maire peut demander une visite pour un motif particulier (changement d'activité, augmentation de l'effectif, etc.).
La visite de réception avant ouverture est la plus critique. Elle conditionne l'autorisation d'ouvrir au public et nécessite une préparation minutieuse de la part de l'exploitant et du coordinateur SSI. L'absence de visite avant ouverture constitue une infraction pénale.
5. Déroulement d'une visite
La visite de la commission de sécurité suit un protocole structuré qui couvre l'ensemble des aspects de la sécurité incendie. Elle dure généralement de 2 à 4 heures pour un ERP courant, et peut s'étendre sur une journée entière pour les grands établissements.
Phase 1 : examen des documents
La commission commence par vérifier les documents réglementaires de l'établissement. Elle examine en priorité le registre de sécurité, qui doit être tenu à jour et contenir l'historique des vérifications, des exercices d'évacuation, des formations du personnel et des travaux réalisés. Elle contrôle également les rapports de vérification périodique des organismes agréés (vérifications électriques, vérifications des installations de gaz, etc.).
Phase 2 : visite physique du bâtiment
La commission parcourt l'ensemble de l'établissement en vérifiant de manière visuelle et fonctionnelle les éléments suivants : les dégagements (largeur, balisage, absence d'encombrement), les moyens de secours (extincteurs, RIA, colonnes sèches), les installations de désenfumage, les portes coupe-feu (fermeture, état), les installations électriques (tableau général, éclairage de sécurité), et l'accessibilité des voies engins et des façades accessibles.
Phase 3 : essais fonctionnels
C'est la phase la plus technique. Le préventionniste SDIS procède aux essais du système de sécurité incendie : déclenchement d'un détecteur, vérification de la transmission de l'alarme au CMSI, activation des scénarios de mise en sécurité (fermeture des portes coupe-feu, ouverture des exutoires de désenfumage, déverrouillage des issues, arrêt de la ventilation), déclenchement de l'alarme générale et vérification de son audibilité dans tous les locaux.
Phase 4 : rédaction du rapport
À l'issue de la visite, la commission rédige un procès-verbal qui liste les observations, les prescriptions (éventuellement assorties de délais) et l'avis global. Le rapport est transmis au maire (ou au préfet) qui notifie sa décision à l'exploitant.
6. Avis favorable et défavorable
La commission de sécurité émet un avis global à l'issue de chaque visite. Cet avis peut être favorable ou défavorable, et il est accompagné de prescriptions détaillées.
Important :un avis défavorable n'entraîne pas automatiquement la fermeture. C'est le maire qui décide, sur la base de l'avis, s'il ordonne la fermeture ou s'il accorde un délai pour la mise en conformité. En revanche, en cas de danger immédiat pour la sécurité des personnes, le maire est tenu d'agir sans délai (article L. 143-2 du CCH).
7. Périodicité selon la catégorie
La fréquence des visites périodiques de la commission de sécurité dépend de la catégorie de l'ERP. Le règlement de sécurité (arrêté du 25 juin 1980 et arrêtés par type d'ERP) fixe les périodicités suivantes :
| Catégorie | Effectif | Périodicité indicative | Remarque |
|---|---|---|---|
| 1re catégorie | > 1 500 personnes | 2 ans | Visite systématique |
| 2e catégorie | 701 à 1 500 personnes | 3 ans | Visite systématique |
| 3e catégorie | 301 à 700 personnes | 5 ans | Visite systématique |
| 4e catégorie | ≤ 300 personnes | Variable | Selon arrêté de type, ou aléatoire par tirage au sort |
| 5e catégorie | Sous les seuils du 1er groupe | Non systématique | Visite sur demande du maire ou signalement uniquement. Exception : visite tous les 5 ans pour les ERP de 5e catégorie avec locaux à sommeil (article PE 37) |
Attention :les périodicités varient selon le type ET la catégorie de l'ERP (article GE 4). Certains types (type U — établissements de soins, type J — structures d'accueil pour personnes handicapées ou âgées) imposent des périodicités plus courtes en raison de la vulnérabilité de leur public. Il convient de se référer à l'arrêté spécifique au type de l'ERP pour connaître la périodicité applicable.
Les ERP de 5e catégorie ne font pas l'objet de visites périodiques systématiques. Ils peuvent néanmoins être visités sur initiative du maire, notamment après signalement, changement d'exploitant ou modification des locaux. L'absence de visite périodique ne dispense en aucun cas l'exploitant de ses obligations de sécurité.
8. Comment préparer une visite
La préparation d'une visite de commission de sécurité est déterminante pour l'obtention d'un avis favorable. Voici les points essentiels à vérifier en amont :
- Registre de sécurité à jour : vérifications périodiques, exercices d'évacuation (au moins un par an), formations du personnel, historique des travaux
- Rapports de vérification réglementaire : électricité, gaz, ascenseurs, moyens de secours, SSI — tous en cours de validité et sans observations graves non levées
- Dégagements libres : circulations, escaliers et issues de secours dégagés de tout encombrement, balisage visible et éclairage de sécurité fonctionnel
- Moyens de secours opérationnels : extincteurs vérifiés (date de contrôle annuel), RIA accessibles et en pression, colonnes sèches avec bouchons et raccords
- SSI fonctionnel : détecteurs en service (pas de détecteur isolé ou déconnecté), CMSI en état de veille, DAS en position d'attente, alarme fonctionnelle
- Plans d'évacuation et consignes affichés et à jour dans chaque local et chaque circulation
- Accès pompiers : voie engins dégagée, façade accessible non obstruée, clés du système dans le boîtier à clés normalisé
Il est fortement recommandé de procéder à une visite interne de pré-commission quelques semaines avant la date de la visite officielle. Cette visite permet de détecter et de corriger les anomalies avant le passage de la commission. L'exploitant peut se faire assister par un bureau de contrôle ou un coordinateur SSI pour cette pré-visite.
9. Rôle du coordinateur SSI dans la préparation
Le coordinateur SSIjoue un rôle clé dans la préparation des visites de commission de sécurité, en particulier lors de la réception d'un bâtiment neuf ou après des travaux importants modifiant le SSI.
En amont de la visite, le coordinateur SSI s'assure que le dossier d'identité SSI (DI-SSI) est complet et à jour. Ce dossier, exigé par la norme NF S 61-932, regroupe l'ensemble des documents du SSI : le cahier des charges fonctionnel (CCF), les plans de zonage, la matrice de corrélation, les fiches techniques des équipements, les PV de réception et les attestations de conformité.
Le coordinateur SSI vérifie également que le SSI fonctionne conformément au CCF : chaque scénario de mise en sécurité est testé, la détection couvre l'ensemble des zones prévues, les DAS réagissent correctement aux commandes du CMSI, et les signalisations sont cohérentes. Toute anomalie constatée doit être corrigée avant la visite.
Lors de la visite elle-même, le coordinateur SSI peut assister l'exploitant pour répondre aux questions techniques du préventionniste SDIS, expliquer les choix de conception du SSI et présenter les documents du DI-SSI. Sa présence est particulièrement utile pour les ERP dotés de SSI complexes (catégorie A avec SDI adressable et CMSI).
10. Préparer sa commission avec Flamwise
Flamwise aide les coordinateurs SSI et les exploitants à préparer les visites de commission de sécurité en produisant un dossier SSI complet et conforme :
- Génération du cahier des charges fonctionnel (CCF) conforme NF S 61-931
- Constitution du dossier d'identité SSI (DI-SSI) structuré
- Matrice de corrélation vérifiable par le préventionniste SDIS
- Zonage SSI cohérent avec les plans et les scénarios de mise en sécurité
- Prescriptions réglementaires traçables vers les textes officiels
- Export Word professionnel prêt à être présenté en commission
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